samedi 30 décembre 2023

 

LOIRE SANS HAINE  (poème écrit en français et traduit en espagnol par Milagros Salcedo L.en 2017)

 

Les hommes dessinent

des traits dans le ciel

traits droits

prévisibles

mais si tendrement

reconnaissables

 

Le fleuve murmure

de ses lueurs

secrètes

et le soleil éclate

dans les feuillages jaunies

des arbres d’octobre

 

Être là

un mardi soir

soir de semaine fermée

qui d’habitude s’échappe

en tâches conventionnelles

 

Je m’arrête

enfin

J’écris

sans honte

Je suis

sans douleur

Je m’accueille

sans haine  

 

LOIRA SIN AVERSION

 

Los humanos dibujan

líneas en el cielo

líneas rectas

previsibles

mas tan tiernamente

reconocibles

 

El río murmura

con destellos

secretos

y el sol estalla

en el follaje ambarino

de los árboles de octubre

 

Estar allí

un martes en la tarde

tarde de semana cerrada

que suele escaparse

en tareas convencionales

 

Me detengo

           por fin

Escribo

          sin rubor

Soy

         sin dolor

Me recibo

        sin aversión

 

Escrito en francés y traducido al español por Milagros Salcedo Laguna en 2017

 

samedi 25 novembre 2023

 

RUPTURAS

 

Estoy aquí rodeada

de rostros ajenos,

de gente indefinida,

de relaciones estériles…

Mis ojos no crean más,

mis oídos no buscan más,

mis pasos se pierden entre lo banal

y mi Sueño duerme

vencido por el agotamiento y la inercia.

 

Reconóceme entre los escombros :

¿sigo siendo yo ?

¿aquel cúmulo de pérdidas?

¿aquella voz raída ?

¿aquella mirada marchita ?

¿aquella sonrisa virulenta ?

 

Rescátame el recuerdo y el olvido

                   la locura y la esperanza

                  ninguna fe, ningún nihilismo

 

Saldré de esto

abriré mis ojos para arco iris nuevos

para formas perfiladas en horizontes dispares

para mis propias manos, mi voz

mi danza nueva

los pedazos quedarán dispersos

pero ésto es lo que soy:

RUPTURA EN DINAMICA

 

Escrito por Milagros Salcedo Laguna (en Francia, 2004) - Photo: Céline Jouaud




samedi 18 novembre 2023

 

 

NIÑA VOIT LE MONDE

 

Niña voit le monde

En quoi est-il fait ?

Pourquoi est-il fait ?

Quel secret pour y vivre à son aise ?

Quel secret pour échapper à l’horreur ?

Est-ce bien réel ou juste une illusion ?

Autour d’elle des portes qui se ferment

lorsqu’elle pose ses questions

ou des réponses uniques et figées

auxquelles elle essaye de croire…

tout en sentant leur incohérence,

leur ambigüité, leur étroitesse

 

Niña se recroqueville

engloutie par le danger

et les mots des morts

qui rôdent son berceau

et l’accompagnent

 

Un peu du goût sucré de la vie

de temps en temps

beaucoup du feu de la déception

et constamment

 

Le don de

la molle confiance

se changea, 

peu à peu,

en seuil austère

de son enfermement.

 

 Poème et collage de: Milagros Salcedo Laguna

 

mardi 1 août 2017

La petite et son corps



Invitation à la lecture avec un extrait (traduit par moi-même) du roman :« La Sangre de la Aurora » (Le sang de l’aurore) de l'auteure péruvienne  Claudia Salazar Jiménez (Pérou, 1976) .Roman publié en 2013 – Prix Las Américas du récit latinoaméricain.


Ce fragment, que j'ai traduit avec l'autorisation de l'auteure, est en lien avec deux sujets qui nous intéressent: la relation entre la petite et son corps et l'impact de l'éducation (ou de l'anti-éducation) dans cette relation.
« Elle voulait le voir. Les bonnes sœurs de l’école nous répétaient tellement, ça ne se regarde pas, les filles, ça ne se touche pas. Moi, je n’en pouvais plus de la curiosité, alors,  en brisant ma propre honte, je me couchai dans mon lit après ma douche. Quel âge je devais avoir ? Douze ans, peut-être. J’étais complètement nue. La douceur de la couette m’accueillit. J’eus la tentation de me toucher, de sentir le courant, mais cette fois-ci je voulais le voir avant.  J’avais le miroir à côté de moi, un grand, grand comme la couverture d’un album photo, comme si c’était un porte-photo.  Je séparai mes jambes et mis le miroir entre elles. J’inspirai. Je le verrais enfin.  Je le verrais ? Plutôt non.  Est-ce qu’il ne suffisait  pas, par hasard,  de le sentir et de savoir qu’il est là et qu’il peut donner du plaisir même si,  pour gagner le ciel,  le mieux était de l’éviter ? Non. Il faut le voir. Elle voulait le voir.  Ah ! quelle honte !.  Elle l’avait eu douze ans et jusqu’à ce moment elle ne savait pas comment il était. Je me dressai sur mes coudes. Je me penchai. Quelques poils. Vas-y, sépare-les.  Je pris le miroir de la main gauche et de la droite, mes doigts séparèrent ce rideau capillaire. Il était là. Je l’ai regardé. J’ai plissé mes yeux pour mieux voir. Il était là. Cette petite capuche devait être le lieu où les doigts allaient tout droit  pour se glisser et produire le courant. Mes doigts index et moyen firent un V inversé pour l’exposer.  Il ressemblait à une fève coupée  par la moitié. « Groupe dicotylédone ». Ceux-là doivent être les lèvres. Le tout entre rouge, pourpre et rose. J’observai l’entrée.  La tête d’un bébé passe par là ? Quelle horreur. J’agrandis un peu plus le V pour le regarder dans le détail. « A ver. No trascienda hacia fuera y piense en son de no ser escuchado, y crome y no sea visto" (*).  Les poils naissant des bords. Horrible. Je trouvai que c’était une chose si laide… »  ("La Sangre de la Aurora", pages 52-53).

Extrait  du poème  « Poema V – Grupo dicotiledón. Oberturan »  du poète péruvien César Vallejo (Recueil : Trilce, Lima,  1922).  Je ne m'aventure pas à le traduire. 


De la niña y su cuerpo


Invitación a leer:

Claudia Salazár Jiménez  publicó su primera novela,  "La Sangre de la Aurora", en el año 2013.  La novela recibió el prestigioso  Premio Las Américas 2014 a la mejor obra de ficción.

Publico aquí, con autorización de la autora,  un fragmento de la novela relacionado con dos temas que nos interesan: la relación entre la niña y su cuerpo y  el impacto de la educación (o de la anti-educación) en dicha relación. 

"Quería verlo. Tanto nos repetían las monjas del colegio, no se mira, chicas, no se toca. Yo ya no aguantaba más la curiosidad, así que, rompiendo mi propia vergüenza, me eché sobre la cama después de bañarme. ¿Qué edad tendría? Doce años, quizá. Estaba completamente desnuda. La suavidad del edredón me acogió. Tuve la tentación de tocarme, de sentir la corriente, pero esta vez quería verlo antes. Tenía a mi lado el espejo, uno grande, como de portada de un álbum fotográfico, como si fuera un portarretrato. Separé mis piernas y puse el espejo entre ellas. Tomé aire. Por fin lo vería. ¿Lo vería? Mejor no. ¿Acaso no bastaba con sentirlo y saber que está ahí y que puede dar placer aunque lo mejor para ganarse el cielo era evitarlo? No. Hay que verlo. Quería verlo. ¡Ay, qué vergüenza! Lo había tenido doce años y hasta ese momento no sabía cómo era. Me incorporé sobre mis codos. Me asomé. Algunos pelos. A separarlos. Sostuve el espejo con la mano izquierda  y con la derecha mis dedos separaron esa cortina capilar. Ahí estaba. Lo miré. Achiné mis ojos para ver mejor. Ahí estaba. Esa pequeña capucha debía ser el lugar al que los dedos iban directamente para resbalarse y producir la corriente. Mis dedos índice y medio hicieron una V invertida para exponerlo. Parecía una haba partida por la mitad. "Grupo dicotiledón". Esos deben ser los labios. Todo entre rojo, púrpura y rosado. Observé la entrada. ¿Por ahí pasa la cabeza de un bebé? Qué horror. Agrandé un poco más la V para mirarlo con más detalles. "A ver. No trascienda hacia fuera y piense en son de no ser escuchado, y crome y no sea visto". Los pelos naciendo en los bordes. Horrible. Me pareció una cosa tan fea... " (La Sangre de la Aurora, páginas 52, 53).